De l’intérêt des circuits courts

 

L’endettement moyen par agriculteur était de 50 000 euros en 1980 et il est aujourd’hui estimé à 164 000 euros, d’après LE FIGARO 26/02/18. Les circuits courts sont une solution à la crise agricole, convient le quotidien. Une agricultrice de Seine et Marne qui vend ses yaourts via des plateformes numériques considère qu’elle gagne 30% de plus à travailler ainsi par rapport à une commercialisation par la grande distribution. Le 1, daté du 28/02/18, entièrement consacré au « manger local », reste lucide. Si « le local a retrouvé le moral », Eric Fottorino prévient : « il serait pourtant illusoire de croire que la panacée est dans cette seule proximité ». Seconde remarque du média, les supermarchés veulent se faire avec le produit local « une vitrine bucolique et régionale ».

Pour le directeur de la coopérative Fermes de Figeac (Lot), maillon important de l’alimentation locale dans le Lot, « tout comme le bio industriel va donner lieu à des scandales sanitaires dans 2 ou 3 ans et casser l’image du bio, ce type de local-washing peut casser l’image des produits locaux ». La proximité est devenue si nécessaire que deux magasins Leclerc situés à Arles et en Seine et Marne ont affiché des photos d’agriculteurs dans leurs rayons alors que ceux-ci n’ont plus de relations commerciales avec ce distributeur depuis des années.

L’hebdo est allé à la rencontre d’Uniferme, magasin créé en 1978 et alimenté par 18 fermes actionnaires, au sud de Lyon. Chaque semaine, il reçoit 2 000 à 3 000 clients venant d’un rayon de 20 kilomètres. Le site fonctionne avec un prélèvement de 10% prélevé sur les prix fixés par les producteurs. La sociologue Yuna Chiffoleau pointe un écueil des circuits courts. « Sous prétexte de normes européennes, la France fait fermer les petits abattoirs » qui leur sont indispensables. Cette dernière, également directrice à l’Inra, constate que les gros abattoirs sont à la manœuvre !

 

Editorial Guy Laluc « Rendre public ce qui voulait rester caché. »

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