Le conseil des ministres a adopté, hier, mercredi 25 octobre, le plan de mise en oeuvre du Ceta . Mais, déçu par les annonces, les éleveurs bovins comptent désormais en appeler aux parlementaires pour voter contre la ratification du traité.  » C’est une très grande déception. La réponse n’est absolument pas à la hauteur du problème et de la gravité de la situation », souligne Dominique Langlois, Président d’Interbev (Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes).

« Le Ceta a été négocié en toute opacité, regrette-t-il dans une lettre. Nous sommes favorables à un accord équilibré (…) Malheureusement, l’ouverture du marché européen aux viandes bovines canadiennes, prévue dans le cadre du Ceta, n’a rien de raisonnée. Nous souhaitons renforcer nos conditions d’importation sur le plan sanitaire, environnemental, et du bien-être animal (…) Cela sera impossible… à moins de renégocier le Ceta. »

Concrètement, les éleveurs dénoncent une concurrence déloyale et l’utilisation d’hormones pour l’engraissement du bétail canadien. Le traité de libre-échange pourrait les fragiliser encore un peu plus, alors que le secteur est déjà en difficulté.

Concurrence déloyale et hormones

 

Le gouvernement prévoit notamment un suivi des impacts du traité sur l’élevage, mais aussi un renforcement des contrôles menés au sein de l’UE sur les produits interdits en Europe, ou encore un recours plus systématique aux étiquetages précisant l’origine et le mode de production des produits alimentaires.

« On ne répond pas du tout aux questions et aux problématiques qui ont été relevées par la commission d’experts », missionnée par le Président de la République, « qui a mis en lumière les risques qu’il y avait à importer ces viandes canadiennes », poursuit M. Langlois.

« En proposant de mettre en oeuvre des outils de suivi des conséquences du CETA sur le secteur de la viande bovine (…), le gouvernement se prépare à assister et à mesurer la chute de la filière« , estime-t-il.

« On ne comprend pas qu’on puisse prendre une telle position en plein Etats Généraux de l’Alimentation, où on nous demande de sauvegarder la souveraineté alimentaire française, c’est-à-dire d’avoir une agriculture et des produits qui soient sains pour les citoyens, une agriculture durable et respectueuse de l’environnement, et, de l’autre côté, accepter des viandes qui sont produites dans des conditions qui ne respectent aucun de ces critères, à savoir la santé, l’environnement, le bien-être animal », a-t-il ajouté.

« La seule réponse, c’est de demander aux parlementaires de voter non à la ratification de ce traité, pour qu’il soit renégocié en excluant la viande bovine », conclu le Président de l’Interbev.

 

Ouest France du jeudi 26/10/2017

 

En lien :

  • La lettre ouverte écrite, le 14 juin 2016, par M. Dominique Langlois au Président de la République de l’époque M. Hollande
  • Rapport au Premier ministre Edouard Philippe : L’impact de l’Accord Economique et Commercial Global entre l’Union européenne et le Canada (AECG/CETA) sur l’environnement, le climat et la santé

LETTREOUVERTE Interbev au PRESIDENT (1)

Rapport de la commission d’évaluation du CETA – 08.09.2017

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